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Winter Guide

144 heures pour redonner espoir face à la précarité infantile

Dès ce 17 décembre, le cube de verre de Viva for Life refermera ses portes sur le trio des journalistes et animateurs de la RTBF Ophélie Fontana, Fanny Jandrain et Walid. 

© photo : Nicolas Velter 

Pour cette 13e édition, installée sur l’Esplanade de l’Avenir à Seraing, l’objectif reste inchangé mais plus urgent que jamais : mobiliser la population face à la pauvreté infantile en Belgique. Incursion dans les coulisses de l’opération…

C’est un rendez-vous devenu incontournable à l’approche des fêtes de fin d’année. Une parenthèse solidaire où la Belgique francophone vibre à l’unisson pour une cause qui, année après année, continue de heurter les consciences : la pauvreté infantile. À quelques heures de leur entrée dans le célèbre cube de verre, les trois visages de l’opération se préparent à vivre 144 heures d’isolement en même temps que de connexion intense avec le public.

1 enfant sur 4 concerné

Pour comprendre l’essence de Viva for Life, il faut revenir à la genèse du projet. Comme le rappelle Ophélie Fontana, qui entame sa dixième édition dans le cube de verre, « l’opération est née d’un constat statistique brutal : un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté à Bruxelles et en Wallonie. Face à cette réalité indigne d’un pays comme le nôtre, la RTBF a décidé, il y a plus d’une décennie, de ne pas se contenter de relater les faits, mais de devenir un acteur du changement. » 

Le cube n’est pas seulement un studio radio vitré. C’est une caisse de résonance pour ces voix qu’on n’entend pas ailleurs.

L’objectif de l’opération est de mettre un coup de projecteur sur cette précarité souvent invisible et de récolter des fonds pour soutenir le tissu associatif. Le bilan de l’édition précédente témoigne de l’ampleur de la mobilisation : 8.813.551 euros récoltés. Une somme colossale qui, via Cap48, a permis de financer 188 associations sur les quelque 220 dossiers reçus.

« Viva for Life ne distribue pas d’argent en direct aux familles. C’est encadré dans des projets sérieux », poursuit Fanny Jandrain. « Les dons financent des structures, du personnel, du matériel. Concrètement, cela permet notamment d’engager des psychologues pour accompagner des familles fragilisées, de soutenir des crèches pour que des parents puissent chercher un emploi, ou encore d’offrir des repas chauds dans des écoles ou milieux d’accueil. »

Un phénomène en expansion

Si l’aide de Viva for Life se veut structurelle, visant à briser le cercle vicieux de la pauvreté plutôt que simplement panser temporairement une plaie, les retours du terrain sont néanmoins inquiétants. Walid, animateur emblématique de l’opération, ne cache pas sa préoccupation : « Les témoignages que l’on reçoit d’année en année sont de plus en plus difficiles. Il y a des listes d’attente incroyables. Chaque jour, faute de moyens, des travailleurs sociaux sont contraints de ne pas pouvoir aider certaines personnes. Cette situation est révoltante. »

De fait, la pauvreté n’est plus un phénomène marginal. Comme le confirme Fanny Jandrain, la menace plane désormais aussi sur une grande partie de la classe moyenne : « Ça peut arriver très vite. Il suffit d’un divorce, d’une maladie, d’une perte d’emploi ou d’une arnaque pour basculer. Nous voyons des gens qui avaient une vie ‘normale’ et qui sombrent du jour au lendemain. » 

C’est cette indignation qui sert de carburant aux trois animateurs. « Le cube n’est pas seulement un studio radio vitré. C’est une caisse de résonance pour ces voix qu’on n’entend pas ailleurs. Ce sont 144 heures d’ascenseur émotionnel », renchérit Walid.

Un coup d’accélérateur final 

Pas question de défaitisme et de morosité pour autant. Du 17 au 23 décembre, la vie des trois complices sera bien sûr rythmée par des séquences d’une gravité absolue lors de la lecture des témoignages, mais aussi par des moments de pure joie, portés par la musique et les défis. Et ce n’est pas tout : « Viva for Life, c’est d’abord une immense chaîne de solidarité citoyenne qui s’active bien avant le mois de décembre », se réjouit explique Ophélie Fontana. « Ventes de biscuits, marathons, défis sportifs… Partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, des citoyens se bougent. Nous autres, nous arrivons le 17 décembre pour mettre le coup d’accélérateur final et mettre en lumière tout ce que les gens ont fait toute l’année. » 

Dans cette dernière ligne droite, le dispositif est impressionnant. Outre le cube de verre, Cathy Immelen sera présente au cœur du Chalet Défis, sur l’Esplanade de l’Avenir à Seraing, pour accueillir les organisateurs de collectes. Parallèlement, Sara De Paduwa sillonnera les routes avec le Belfius Viva for Life Tour, faisant escale à Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Arlon, Namur et La Louvière.

Agir pour ne pas subir

Au-delà des chiffres et des records à battre en termes de dons, l’opération porte aussi en elle une vertu pédagogique. Elle permet d’aborder la question de l’inégalité avec les plus jeunes. « On voit beaucoup d’enfants qui viennent casser leur tirelire », relate Ophélie Fontana avec émotion. « Les parents conscientisent leurs enfants sur la chance qu’ils ont de ne manquer de rien. Ce sont des valeurs fondamentales. » Walid appuie le propos : « Ce qui nous marque aussi, c’est de voir des gens qui ont eux-mêmes du mal à boucler leurs fins de mois, mais qui donnent quand même quelques euros pour aider des personnes dans des situations plus précaires que la leur. »

Bien sûr, les trois compères en sont conscients, Viva for Life ne résoudra pas la pauvreté à elle seule. « Ce n’est pas le citoyen qui va résoudre le problème à la racine. Et ce n’est pas non plus de notre responsabilité en tant que média », souligne lucide Ophélie Fontana. « Toutefois, face à l’inertie ou à la lenteur des solutions structurelles, l’action immédiate reste indispensable. » Et Walid d’ajouter : « Sans cette générosité, des associations fermeraient tout simplement leurs portes. »

Alors, pour cette 13e édition, le mot d’ordre reste l’engagement, pour le public comme pour les animateurs. « Pour nous, c’est une évidence, presque un devoir civique. On a la chance, avec notre métier, de disposer d’une tribune formidable et d’offrir de la visibilité aux personnes invisibilisées. On se doit d’agir », concluent-il tous trois en cœur. 

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