À la rentrée, les parents des élèves francophones concernés recevront par l’intermédiaire de l’école un document proposant la vaccination contre le papillomavirus humain. Une démarche gratuite et simple, encore trop peu suivie en Belgique francophone.

Dr Alexandra Gallez
COORDINATRICE MÉDICALE – SERVICE PSE HAINAUT PICARDIE

Dr Pascale Grandjean
GYNÉCOLOGIE -OBSTÉTRIQUE AU CHU HELORA MONS
Le HPV est répandu : près de 90 % des personnes ayant eu des rapports sexuels peuvent y être exposées. Il en existe de nombreux types. Certains peuvent provoquer des lésions précancéreuses, puis des cancers du col de l’utérus, du vagin ou de l’anus, mais aussi de la gorge. Les garçons sont donc concernés autant que les filles.
« Une personne qui n’a qu’un seul partenaire peut aussi contracter un papillomavirus », insiste la Dre Alexandra Gallez, coordinatrice médicale au PSE Hainaut Picardie*. Associer le vaccin à une sexualité précoce ou à des comportements à risque n’a donc pas de sens. Il aide le corps à se défendre contre les types de virus susceptibles de causer un cancer.
Pourquoi vacciner si tôt ?
Le Conseil supérieur de la santé recommande la vaccination entre 9 et 14 ans. À cet âge, deux doses, espacées d’au moins cinq mois, suffisent. Vacciner tôt permet d’obtenir la meilleure protection possible avant une rencontre avec le virus.
Ce n’est toutefois jamais « trop tard » après les premiers rapports. « Il existe plusieurs types de virus et rien ne dit que le jeune a été en contact avec tous ceux que cible le vaccin », rassure la Dre Pascale Grandjean, gynécologue-obstétricienne au CHU Helora Mons. Une personne ayant déjà connu une infection liée au HPV peut encore être protégée contre d’autres types.
Le recul est solide. « En Suède, où la couverture approche 90 %, les lésions précancéreuses et les cancers du col ont fortement diminué chez les jeunes vaccinées. Nous avons la preuve que la vaccination fonctionne », souligne la gynécologue.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, à peine 60 % des filles et 51 % des garçons reçoivent une première dose.
Que faire lorsque la lettre arrive ?
En Wallonie, le Gardasil 9 est proposé gratuitement par les services de Promotion de la Santé à l’École, les PSE, en deuxième secondaire ou à l’âge de 13-14 ans pour les élèves qui fréquentent l’enseignement spécialisé. Pour que l’enfant soit vacciné, son responsable légal doit compléter et signer le document d’autorisation vaccinale et le remettre par l’intermédiaire de l’école avant le bilan de santé ou la séance de vaccination.
La première injection est organisée durant l’année scolaire lors d’un bilan de santé (anciennement appelée la « visite médicale ») ou d’une séance de vaccination dans les locaux de l’école selon l’organisation du service PSE. La seconde suit au moins cinq mois plus tard. Si le document a été oublié, si l’enfant était absent ou si les parents changent d’avis, rien n’est perdu : le PSE peut organiser un rattrapage, notamment en quatrième secondaire, et terminer le schéma jusqu’à 18 ans inclus.
Un vaccin sûr et bien connu
Les réactions les plus courantes sont une douleur au point d’injection, des maux de tête ou des nausées. Le Gardasil est utilisé à grande échelle depuis plus de quinze ans. « Nous avons la chance d’avoir un vaccin qui protège contre le cancer », résume la Dre Gallez.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, à peine 60 % des filles et 51 % des garçons reçoivent une première dose. Pour les spécialistes, l’école reste la solution la plus simple : aucun rendez-vous ni consultation à payer, et des équipes formées répondent aux questions.
*Les services PSE accompagnent gratuitement les élèves tout au long de leur parcours scolaire, en veillant à leur santé, leur sécurité et leur bien-être global grâce aux bilans de santé, au suivi vaccinal, à la prévention et à la gestion des maladies transmissibles en milieu scolaire et étudiant. Une attention continue et transversale est également portée aux situations de vulnérabilité, de négligence ou de maltraitance, en étroite collaboration avec les partenaires du réseau.