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Fier d'être belge

150 ans de passion, d’innovation et de belgitude brassicole

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Fondée en 1876, la Brasserie Lefebvre s’apprête à célébrer un jalon historique : son 150e anniversaire. Installée à Quenast, à la charnière du Brabant wallon, du Hainaut et de la Flandre, cette institution familiale est aujourd’hui pilotée par la 6e génération.

Paul & Céline

Entre respect des traditions de terroir et audace créative, Céline Lefebvre, CEO, nous livre les secrets d’une saga où le savoir-faire belge s’exporte avec fierté sans jamais renier ses racines villageoises.

L’épopée Lefebvre commence avec Jules, l’arrière-arrière-arrière-grand-père de Céline Lefebvre. « À l’époque, il s’agissait d’étancher la soif des milliers d’ouvriers des carrières locales », relate-t-elle. « Les frigos n’existant pas encore, la bière se servait au fût, au café de la brasserie. » 

Ce qui allait devenir une success story à la belge fut cependant un parcours semé d’embûches. La Première Guerre mondiale démantèle totalement l’usine. En 1921, la famille décide de déménager sur les hauteurs du village. « En bas, nous étions inondés par la Senne et la qualité de l’eau déclinait », explique la CEO. « Ce nouveau site permet encore aujourd’hui d’utiliser une eau de puits garantissant une sécurité sanitaire optimale. Ce tournant coïncida avec l’arrivée conjointe des bouteilles et de bières de caractère, comme la Porphale ou une mythique surnommée ‘Vole-sus-son-cu’, en référence à la légende qu’elle était tellement forte qu’elle vous faisait ‘voler sur votre derrière’. »

Le duo frère-sœur : une nouvelle dynamique familiale

Depuis les années 2000, la brasserie vit une révolution interne. Si les générations précédentes reposaient sur des couples mari-femme, c’est désormais une alliance fraternelle qui est aux commandes. Céline, licenciée en gestion, supervise l’administration, tandis que son frère Paul, ingénieur brasseur, gère la production. « Nous sommes des ‘half en half,’ moitié wallons, moitié flamands », confie notre interlocutrice.

Le miel de notre Barbãr est désormais 100 % belge, tout comme notre coriandre et notre froment et une grande partie de notre malt, issu de cultures régénératives locales.

Aujourd’hui, la Brasserie Lefebvre produit quelque 65.000 hectolitres par an. « Bien que la production ait été plus élevée par le passé, nous avons choisi de nous concentrer sur nos propres marques de prestige. » Un pari réussi, puisque 85 % du volume d’affaires est aujourd’hui réalisé à l’exportation.

Entre traditions fortes et audace Unplugged

La gamme s’articule autour de trois piliers : les bières de tradition fortes – Barbãr, Hopus, Floreffe – , les légères – Blanche de Bruxelles, Newton – et une Pils maison, dont la brasserie tire une grande fierté en raison du défi technique rare pour une structure de cette taille. Mais la véritable audace réside dans la gamme Unplugged, lancée durant la crise sanitaire. « Nous voulions nous libérer du poids de nos marques historiques pour expérimenter », précise Céline Lefebvre. On y trouve la Dikkenek, une IPA belge dry-hoppée ou encore la Ana Hop (0,4 %).

Fidèle à sa philosophie de naturalité, la brasserie refuse la désalcoolisation industrielle. Elle utilise une levure spécifique « fainéante » ; elle limite naturellement la production d’alcool, tout en préservant le goût originel du produit, sans processus supplémentaire lourd.

À l’époque, il s’agissait d’étancher la soif des milliers d’ouvriers des carrières locales.

Un engagement radical pour le circuit court

Pour Céline Lefebvre, être « Fier d’être belge » est un engagement qui dépasse le marketing. L’entreprise a notamment relocalisé massivement ses matières premières. « Le miel de notre Barbãr est désormais 100 % belge, tout comme notre coriandre et notre froment et une grande partie de notre malt, issu de cultures régénératives locales », souligne-t-elle. Cet engagement s’étend aux fournisseurs de cartons et d’emballages.

Pour la direction, soutenir ces filières nationales, même si elles sont parfois plus coûteuses, donne un sens indispensable au métier de brasseur. En combinant l’héritage de Jules Lefebvre à une vision éthique, la brasserie aborde ses 150 prochaines années avec une ambition intacte : faire rayonner l’excellence brassicole belge. 

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